Albert Dechambre
Docteur en philosophie et lettres

 

Université de Liège Belgique
Unité de recherche Phénoménologies

albert@albertdechambre.com

Rue de sélys, 24
- 4053 Chaudfontaine, BELGIQUE
0032 4 3670181
0032 497 398535

Domaine de recherches :
Philosophie de l'esprit, sciences cognitives, physique, phénoménologie des sciences.

Recherches actuelles :
Phénoménologie de l'espace-temps 
Structure des phénosystèmes
interprétation phénoménologique de la logique linéaire. 
Ecriture linéaire de la phénoménologie des actions en particulier dans le processus de mesure quantique. 

La médiation du contenu externe
Le troisième étage sémantique
Thèse de doctorat - 2000

Introduction

 

 

 

 

 

« Les objets de notre perception ne sont jamais que lieux et temps réunis ; il n’est jamais arrivé à personne de voir un lieu autrement qu’à un certain moment, d’observer un temps autrement qu’en un lieu […] Vous reconnaissez pourquoi au début je disais : l’espace indépendant du temps, le temps indépendant de l’espace ne sont plus que des ombres vaines ; il ne subsiste que l’univers. Une question maintenant se pose. Quelles sont les raisons qui nous obligent à adopter une nouvelle conception de l’espace et du temps ? - N’est-elle jamais en contradiction avec les apparences ? procure-t-elle enfin quelque avantage pour la description des phénomènes ? » (Hermann Minkowski, Espace et temps (Raum und Zeit, 1908), Annales de l’Ecole Normale supérieure 1909,  Gauthiers-Villars, 1909, p. 500 et 504)

  Lecture De l'esprit: l'échange indécidable

1. Phénoménologie de la physique contemporaine

La phénoménologie de la physique contemporaine est une phénoménologie de contact. Par contact, j’entends une forme de « combat rapproché » opérant au moyen d’interactions répétées et ininterrompues, guidées par les questions que nous posons à la Nature et les réponses de celle-ci, dont les effets sont d’ébranler l’idée de prétendues limites de la connaissance supportées par tous les dualismes de la réalité objective et de la réalité phénoménale, de la chose en soi et du phénomène, de l’être et de l’étant, de l’intuition externe et de l’intuition interne, des propriétés physiques et des propriétés sensibles, de les repousser à l’arrière-plan symbolique, comme des divisions symboliques du réel qui ont été parfois utiles, parfois nuisibles. Aussi la phénoménologie (de la physique) ne s’oppose-t-elle plus à la physique au sens où elle s’occuperait des apparences et la physique de la structure profonde, mais engage une nouvelle méditation sur la manière dont le sens est attaché aux choses.

Cet essai s’inscrit dans le sillage de travaux récents (Bitbol, 1996, 1998, 2000 ; Bailly et Longo, 2006) sur l’interprétation philosophique de la physique contemporaine et des théories actuelles de la conscience dans lesquelles la physique s’est impliquée (Penrose, 1989, 1994). Il entend seulement développer un point de vue phénoménologique plus systématique que celui qu’on trouve par ailleurs, avec bonheur, dans ces travaux.

Suite...

2. Le libre-arbitre et les écarts quantique et symbolique
Phénosystèmes et physique quantique - Phénoménologie et logique linéaire

Le problème du libre-arbitre, depuis la création de la mécanique quantique, est intimement lié au problème de la mesure quantique. Partant du débat récent suscité par l’article (2006) de Conway et Kochen « The Free Will Theorem » qui dit en substance que si nous sommes libres, alors les particules sont « libres » elles aussi, je tente de montrer que nous ne pouvons résoudre ce problème de manière complète que si nous adoptons un point de vue évolutionniste et phénoménologique qui articule l’évolution cosmique, naturelle et culturelle et leurs causalités spécifiques. Cette dernière forme d’évolution est à l’origine de phéno(méno)systèmes, ou systèmes de « sens » qui sont une extension du concept d’écosystème à la sphère culturelle et sont régis par une causalité du système (system causation) avec écart (gap). Le processus de mesure quantique (PMQ) constitue un phénosystème (précisément l’ensemble des PMQ). L’ « écart » quantique (la « liberté » des particules) que Conway et Kochen avancent pour justifier la liberté de choix des expérimentateurs a pour contrepartie nécessaire ces écarts symboliques (rationnels et différantiels) constitutifs des phénosystèmes. Il n’existe pas de preuve du libre-arbitre mais une épreuve au sens de la logique linéaire. Le théorème de Conway et Kochen n’est qu’une nouvelle expression de la thèse centrale de Heidegger : si le Dasein est libre alors le monde l’est aussi. Ou encore : l’ouverture de l’être implique celle de l’étant.

Traiter le libre-arbitre au sein de phénosystèmes me permet d’envisager une interprétation phénoménologique de la logique linéaire, comme logique des actions et de gestion des ressources symboliques, qui poursuit son programme de naturalisation de la logique.

Mots-clés : évolution culturelle, théorème du libre-arbitre, écart quantique, écart rationnel, écart symbolique, écart différantiel, phénosystème.

The problem of free will, since the creation of quantum mechanics, is intimately linked to the problem of quantum measurement. Starting with the recent debate initiated by the paper of Conway and Kochen, “The Free Will Theorem”, I try to show that we can solve that problem completely only if we adopt an evolutionnary and phenomenological point of view that articulates cosmic, natural and cultural evolution and their respective causalities. That late form of evolution has produced what I call “pheno(meno)systems”, or systems of sense or meanings, which are an extension of the concept of ecosystem in the cultural sphere, and which are governed by an intenbtional system causation with gap. The set of quantum measurement processes is a phenosystem.  The “freedom” of the particules, argued by Conway and Kochen to justify the freedom to choose an experiment, the quantum gap as I name it, has, as its necessary counterpart, the symbolic gaps (rational and "differantiels") constitutive of phenosystems. The theorem of Conway and Kochen is a new expression of the Heidegger's thesis: If the Dasein is free, then the world is free too.   

To deal with the question of free will permits us to consider a phenomonological interpretation of linear logic, as a logic of actions and management of symbolic resources, that achieves its program of naturalization of logic.   

 

L'époque critique de l'écriture ] Phénoménologie de la physique contemporaine ] Phénoménologie des sciences de l'esprit ] Lecture de l'esprit ] La médiation du contenu externe ]

Site réalisé par Albert Dechambre - mise à jour le 17/07/09